CLASSROOM V6 : CHAPITRE 3


La classe C en mouvement

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Traduction : Raitei
Correction : Nova
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Ce jour-là après les cours, l’atmosphère de la classe fut anormalement froide. En cause, la présence intimidante de la personne assise sur l’estrade et qui dévisageait la classe C.

 — Lorsque l’on regarde les exams jusque-là, il y a des choses pas nettes.

Celui qui s’exprima ne fut autre que Ryuuen Kakeru, le leader de la classe C qu’il dirigeait d’une main de fer. À ses côtés se tenait Albert Yamada, Ishizaki et d’autres élèves sachant se battre. L’on pouvait ainsi sentir la menace latente qui pèserait sur celui ou celle qui oserait contester son absolue autorité.

Ryuuen — Le hasard ne peut pas expliquer ça.

On aurait dit qu’il se parlait à lui-même mais on pouvait aussi sentir la chose comme un pique lancé à quelqu’un.

Ryuuen — Au vu des résultats de l’île déserte et du festival sportif, il semblerait y avoir une personne qui pense comme moi.

Ishizaki — Quelqu’un comme toi Ryuuen-kun en classe D ? Impossible !

Ishizaki ne put s’empêcher de montrer ses doutes à l’égard de cette affirmation. En effet, Ryuuen inspirait à la fois le respect et le dégout. Il était une contradiction à l’état pur, un être en même temps extraordinaire et incompréhensible. Ryuuen ne put s’empêcher de sourire et de regarder Ishizaki.

Ryuuen — Je pensais comme toi mais force est de constater que je faisais un déni.

Ishizaki — C’est vraiment la même personne derrière l’exam de l’île et du festival sportif ?

Ryuuen — Certainement mais sois rassuré, j’ai compris grossomodo comment ça marchait de leur côté. Le passé est le passé, on va attaquer leur classe de plein fouet maintenant. La priorité est de démasquer celui qui tire les ficelles. On laisse de côté les autres classes pour le moment.

Peu d’élèves eurent des objections au plan de Ryuuen, de toute façon ils n’en avaient pas tellement le choix :  la classe avait signé un contrat avec le mal incarné.

Ishizaki — Ryuuen-san……La classe D a vraiment une éminence grise ? Hormis Horikita et Hirata, j’ai du mal à imaginer un candidat.

Ryuuen — Oui et notre classe a les moyens de connaître son identité.

Son regard se posa sur Ishizaki puis revint sur la classe.

 — Qu’est-ce que tu insinues Ryuuen ?

Alors que l’atmosphère était pesante, Ibuki se mit debout et intervint, s’exprimant les bras croisés.

Ryuuen — Kuku. Ibuki, ça te dirait d’écouter en étant patiente ?

Ibuki — J’ai pas que ça à faire et puis arrête d’intimider la classe.

Ryuuen — Tu blablates beaucoup pour quelqu’un qui n’a pas eu l’autorisation de parler. Tu t’es pas déjà fait assez ridiculiser comme ça ?

Ibuki — C’est…

Ibuki n’eut d’autre choix que de lui jeter un regard noir. Sa défaite lors du festival sportif fut embarrassante car Ryuuen dut changer les positions pour la course à la demande d’Ibuki, voulant un duel avec Horikita. Cela ne s’était joué à rien d’ailleurs.

Ibuki — Balaie devant ta porte, t’es comme moi. Au final t’as pas réussi à obtenir les points que Horikita devait te donner.

Ryuuen — Moi comme toi ? C’est la meilleure. La stratégie que j’avais mise en place pour ce festival était parfaite.

Ibuki — On voit le résultat. Tu ne nous expliques rien et maintenant tu nous révèles qu’il y a un gars qui pense comme toi en classe D ? Tu veux qu’on accepte ça ?!

Tous les élèves tremblèrent après la réplique cinglante d’Ibuki. En effet, ils voulaient éviter de l’offenser mais Ryuuen ne fit pas attention à eux et se contenta d’un léger sourire constant.

Ryuuen — Le problème c’est qu’une stratégie parfaite n’a aucun intérêt s’il y a des fuites.

Ibuki — ……des fuites ?

Ryuuen — Si la classe D a réussi à nous mettre en porte à faux c’est parce que leur éminence grise qu’on nommera X à osé manipuler mes soldats. En bref, nous avons un espion parmi nous.

La classe fut confuse suite à cett déclaration et Ibuki fit les gros yeux de surprise.

Ibuki — Tes sérieux là ?

Ryuuen — C’est un fait. Il semblerait malheureusement que notre union…enfin que mon autorité n’ait pas suffit à faire régner l’ordre ici.

Ryūen sourit gaiement à l’idée de rencontrer l’espion. Cette révélation fut assourdissante pour la classe au point que chaque élève voulait en finir au plus vite, qu’il soit pressé ou non.

Ryuuen — Mais on va arrêter ce petit jeu ennuyeux maintenant.

Ryuuen frappa le sol de l’estrade avec la paume de sa main, ce qui mit fin à la cacophonie. La salle sombra dans le silence.

Ryuuen — Je vais commencer gentiment. Que l’espion lève la main !!

Bien entendu, aucun élève ne leva sa main. Certains se jetèrent des regards entre eux mais feignirent l’ignorance, d’autres retenaient leur respiration pour ne pas attirer l’attention.

Ryuuen — J’imagine que si l’espion se dénonçait aussi facilement, il ne m’aurait pas trahi au préalable…

La présence d’un espion faisait trembler la classe C mais ce n’était pas le cas de Ryuuen qui se délectait de la situation.

Ryuuen — Pas la peine de lever la main du coup. Il vaut en effet mieux que tu restes planqué, cher espion.

Ryuuen fit une déclaration surprenante alors que ce n’était qu’une question de temps avant que l’identité de l’espion ne soit découverte.

Ibuki — Hein ? Tu veux tolérer des traîtres maintenant ?

Ryuuen — Ferme-là Ibuki. Ne gâche pas mon plaisir. Si tu comptes te plaindre encore une fois je te bute.

Ryuuen passa du sourire à la colère en lançant un regard noir à Ibuki. On aurait dit qu’il disait cela pour plaisanter mais c’était loin d’être le cas. Il n’était pas le genre à traiter les femmes ou les hommes différemment. Aussi longtemps qu’il considérait quelqu’un comme son ennemi, il était prêt à user de violence.

Ryuuen — Vous pouvez penser que je mens mais J’ai vraiment essayé d’être cool ces derniers temps. Je me suis un peu relâché.

Bam ! ‘Bam ! Il frappa le sol de l’estrade deux fois de suite. C’était comme le bruit annonciateur d’une purge.

Ryuuen — Mais je n’aurais peut-être pas dû me laisser aller à ce point. Nous avons maintenant un traître après tout.

Bam ! Le coup raisonna dans la salle de classe et à chaque fois, le bruit faisait trembler les élèves.

Ryuuen — Mais tranquille, on ne va pas en faire une histoire. On va juste jouer à un petit jeu de rien du tout qui ne durera pas plus de 30 minutes. Jouons à débusquer l’espion, ni plus, ni moins. Pas de quoi stresser pour ceux qui n’ont rien à se reprocher.

En effet s’il avait dit ça c’était parce que la peur régnait au sein de la classe. La seule personne qui arriva à garder son calme fut Ibuki mais elle commença à se faire écrabouiller par l’imposante présence de Ryuuen.

Ryuuen — Commençons par le commencement. Débloquez vos phones et mettez-le sur votre bureau. Y’a-t-il un ou une idiote qui n’a pas son tel’ ? Si c’est le cas c’est le coupable.

Chaque élève plaça son téléphone sur le bureau.

Ryuuen — Sage décision.

Ishizaki rassembla les téléphones un par un et plaça ensuite sur chacun d’eux un bout de papier avec le nom du propriétaire. Ibuki joua tout de même le jeu en sortant son portable de sa poche mais ce fut à contrecœur.

Ishizaki — Ryūen-san, on a les portables de tout le monde y compris les nôtres.

Ryuuen — Merci pour ton travail. On va commencer l’investigation.

Ishizaki — On regarde quoi du coup, l’historique des appels ?

Ryuuen — L’espion n’est pas si bête pour parler au téléphone. Il faut voir l’historique des messages et les lire. Il se peut que notre taupe ait utilisé un nom alternatif pour couvrir ses conversations avec le cerveau de la classe D.

— Hey mais y’a plein de messages persos sur mon tel !

Une fille de la classe ne put s’empêcher de crier. La peur de voir ses informations personnelles être révélées dépassa sa peur d’être suspectée.

Ryuuen — Nishino, tu ne veux pas que je regarde ton téléphone ?

Nishino — Oui ! Même si c’est toi Ryuuen, c’est inacceptable !

Ishizaki — Tu rigoles ?  Tu avais bien donné ton tel’ à Ryuuen sur le bateau. Pourquoi ce revirement maintenant ?

Nishino — C’est différent là ! La dernière fois il avait juste besoin de confirmer et de lire le mail reçu par l’établissement sur nos téléphones.

Ryūen ne fut pas surpris et écouta Nishino avec indifférence. En effet la dernière fois, Ryuuen n’était pas entré dans l’intimité des élèves de la classe C. Là des messages sensibles comme les gens qu’on aime ou pas pouvaientt être révélés

Ryuuen — Tu penses bien que tu seras soupçonnée Nishino.

Nishino — Je t’obéirai Ryuuen-kun mais je ne peux pas accepter ça.

Nishino n’était pas le genre à faire la forte tête mais elle ne comptait pas lâcher prise. C’est comme si elle cachait quelque chose.

 — Nishino, c’est toi l’espion ?

Takumi Oda, un élève de la classe, l’interrogea tandis que les élèves la regardaient.

Nishino — Non ! Ce n’est pas moi l’espion !

Takumi — Tu as forcément quelque chose à cacher alors.

Nishino — C’est juste que ma vie privée ne vous regarde pas.

Ryuuen ne montra aucun intérêt à la discussion et prit un téléphone sur la table.

Ryuuen — C’est ton phone Nishino ?

Nishino — Hey !

Nishino commença à paniquer pensant que ce dernier allait trifouiller cependant, il tendit le téléphone à Ishizaki.

Ryuuen — Donne-le à Nishino.

Ishizaki — M…mais tu n’as pas encore vérifié son contenu.

Ryuuen — Je t’ai dit de lui donner !

Ishizaki s’excusa aussitôt et rendit le téléphone à Nishino. Les élèves furent abasourdis.

Ryuuen — Il n’y a rien d’incroyable. Je l’ai juste jugée innocent c’est tout. Ce serait une perte de temps que de fouiller son portable.

Ryuuen fit abstraction de l’attitude de ses camarades et continua.

Ryuuen — Si vous trouvez ça inacceptable comme elle alors levez la main mais préparez-vous à être encore plus suspectée qu’elle.

Nishino fut déclarée innocente et n’a pas eu son téléphone fouillé mais les personnes suivantes n’auraient pas cette chance. Il fallait maintenant choisir entre se faire suspecter par Ryuuen ou bien protéger sa vie privée. Malgré tout, quatre filles et deux garçons levèrent la main.

Ishizaki — Il y a donc six personnes qui te défient Ryuuen-san. L’espion ne peut qu’être parmi eux. Nomure, tu es le dernier à avoir levé la main. Tu pensais fuir en suivant le mouvement ?

Ryuuen afficha un sourire machiavélique après la déclaration d’Ishizaki.

Nomura — Non, non, je ne comptais pas fuir.

Nomura nia la chose de peur de se faire suspecter.

Ryuuen — Rassemble leur portable.

Ishizaki — Très bien.

Ishizaki les collecta et les donna à Ryuuen.

Ryuuen — Donc vous êtes d’accord pour être suspectés.

Ils donnèrent tous une raison différente mais le résultat était le même.

Ryuuen — Nomura, tu en as mis du temps avant de lever ta main. Ne me dis pas que tu attendais le bon moment pour le faire ?

Nomura — Eh ! Non, c’est…

Ryuuen — Ton regard est suspicieux et tu sues.

Nomura — Quoi ?!

Nomura était quelqu’un de faible à la base et il était stressé au point d’être près de s’évanouir. Ryuuen ne put s’empêcher de rire gaiement et se tourna ensuite vers Ishizaki pour lui donner des instructions.

Ryuuen — Ishizaki, tous ces gens sont innocents. Tu peux rendre les tel’.

Ce fut encore un choc. Ishizaki rendit les portables sans que Ryuuen n’ait regardé le contenu. Personne ne comprenait les décisions de ce dernier.

Ibuki — Tu peux nous expliquer ?

Ryuuen — Je le ferai plus tard.

Il ne donna pas la réponse qu’elle espérait et commença à passer ses mains dans ses cheveux. Il prit ensuite le portable d’Ibuki.

Ryuuen — On va regarder le contenu des téléphones restants. On commence par Ibuki.

Ibuki — ……Fait ce que tu veux !

1

Ryuuen finit de consulter tous les portables. Le processus avait pris 20 minutes et il n’avait passé qu’une minute par téléphone. Il était impossible de concevoir qu’il avait tout passé en revue mais personne n’osait lui faire la remarque. Mais pour l’espion, cette minute fut longue lorsque vint le tour de son portable.

Ryuuen — Il n’y a aucune information dans ces téléphones.

Ishizaki — Alors Nishino et les autres déclarés innocents sont coupables

Ryuuen — Pas du tout.

L’agacement d’Ibuki ne disparut pas pour autant.

Ibuki — Donc tu n’as trouvé aucune info révélant qu’il y a un espion. T’es sûr qu’il y en avait un depuis le début ?

Le cœur d’Ibuki fut en proie aux doutes avec cette histoire de taupe. Etait-ce un mensonge de la part de Ryuuen pour excuser son échec ? Il croyait en une éminence grise cachée derrière Horikita depuis l’épreuve de l’île mais il n’y a eu aucune preuve de l’existence de ce X. Ce fut plus Horikita Suzune qui attira l’attention des autres classes.

Ryuuen — Je vais vous donner du concret vu que vous m’avez l’air sceptique. Vous allez voir, ça va faire tilt.

Ryuuen mit en marche l’audio envoyé par X. On put entendre sa voix tandis qu’il parlait de la stratégie à mettre en place pour le festival.

Ryuuen — Ceci m’a été envoyé tout juste avant que j’achève une Suzune au pied du mur. À cause de ça, je n’ai obtenu d’elle ni ses points ni son Kowtow. Vous comprenez maintenant ?

Ibuki — Attend une minute. Même si on part du principe que c’est la taupe qui a effectué l’enregistrement, ça reste bizarre. Ce n’est pas comme si on avait discuté ensemble du moment où tu allais donner rendez-vous à Horikita. Comment a-t-il pu prévoir ça ?

La remarque d’Ibuki était cohérente car non seulement la stratégie avait été dévoilée mais en plus la discussion avec Horikita après le festival anticipée.

Ryuuen — C’est tout simplement une question de probabilité. Le meilleur moment pour lui d’agir était après la fin du festival. De plus, je ne crois pas que ce X avait pour but d’empêcher Horikita de faire son kowtow. Il n’y a rien qui l’indique dans le message que j’ai reçu avec l’audio.

Ibuki — Qu’est-ce que ça veut dire au juste ?

Ryuuen analysa le message vierge où fut joint l’audio.

Ryuuen — X est clairement en train de me dire qu’il était au courant de notre stratégie avec cet audio que j’ai reçu. Vu qu’il savait tout, il aurait pu depuis le début protéger Horikita des attaques qu’on lui faisait. Il nous a laissé faire ! Il nous a délibérément laissé humilier Suzune et pour le coup, en étant blessée et en voyant que la classe D était en déroute, elle avait touché le fond mentalement.

Kaneda — En te laissant mener ta stratégie à bien Ryuuen, ce fichier audio est devenue une preuve crédible qui peut jouer contre toi n’est-ce pas ?

Il était compréhensible que Kaneda, cet élève à la tête de champignon, pense ça. Le plan était risqué et si ce dernier avait été un échec, l’enregistrement n’aurait pas été une preuve valide. Cela aurait été vu comme un plan raté tout simplement.

Ryuuen — Bien vu Kaneda. Vu qu’on a réussi à martyriser Horikita et que le plan est un succès, ce fichier joue effectivement contre nous.

Ibuki — C’est vraiment une brute ce X. Il a complétement jeté en pâture sa partenaire. Il n’a même pas essayé de la protéger une seule fois.

Ryuuen — Voilà pourquoi j’en ai déduit qu’il s’en fichait qu’elle exécute un kowtow ou non. Sinon il n’aurait pas non plus laissé le message vierge. Mais au moins nous savons qu’il se fiche de la fierté et des sentiments de Suzune.

Ibuki — Je ne comprends pas. Il n’aurait pas été plus logique de protéger Horikita ?

Les autres élèves partageaient l’avis d’Ibuki car si ce X savait tout, il aurait dû établir un plan défensif. Il aurait pu envoyer le fichier audio en avance pour stopper l’avancée de Ryuuen ou bien changer les participations. Il aurait ainsi évité la débâcle de la classe D et aurait protégé Horikita par la même occasion.

Ibuki — Est-ce que X prévoyait d’envoyer l’audio à l’établissement ?

En connaissant un plan à l’avance, la logique voudrait qu’on utilise une contre-attaque pour préserver son camarade. Qui plus est, X avait entre ses mains un avantage compétitif énorme qui aurait pu être fatal à la classe C. Mais laisser Ryuuen agir à sa guise et fournir l’audio à l’établissement aurait pu être encore plus critique pour la classe C car il y avait la preuve de la volonté de nuire à Horikita durant le festival et le fait qu’on chercherait à lui soutirer des points. Comme nous étions mi-octobre, cette possibilité n’avait plus lieu d’être car la classe C avait eu le temps de détruire les preuves et de se préparer au pire.

Kaneda — Cette naïveté nous a sauvés, en quelque sorte. X a agi activement pour avoir cet audio mais est ensuite resté passif. Au final, si Ryuuen avait pu soutirer les points de Horikita, cela aurait été une défaite totale pour X.

Kaneda était arrivé à cette conclusion car X avait eu entre ses mains le pouvoir de renverser la situation durant le festival mais il n’en a pas profité.

Ryuuen — Non. X a trouvé un moyen ingénieux d’utiliser cet audio en choisissant justement de ne rien dire. Même si Suzune m’avait envoyé les points, il aurait pu facilement utiliser l’audio pour les réobtenir. Il aurait pu spécifier dans un message que si je ne rendais pas les points, il révélerait l’enregistrement publiquement.

Ibuki — T’es en train de dire qu’il a fait exprès de ne pas te menacer ?

Ryuuen — Oui et il m’a même laissé la liberté de lui forcer un kowtow. Contrairement à des points privés, cela n’a pas de valeur numérique. On ne peut pas revenir en arrière quand on l’a effectué.

Autrement dit, c’est ce que X visait depuis le début :

Ryuuen — On peut donc dire que X cherchait à jouer avec Suzune.

Il aurait glâné des informations à l’espion dans ce seul but.

Ibuki — Je ne capte vraiment pas là. Ce X nous aurait donc sauvés ?

Ryuuen était différent d’Ibuki. Ce dernier avait compris les motivations de X.

Ryuuen — Kuku…… En gros, il n’a pas l’intention de se révéler.

Aussi longtemps que Ryuuen cherchera la taupe, la classe D n’aura d’autre choix que de le forcer à se révéler. Si Ryuuen est désespéré de trouver son identité, il pourrait même demander à l’établissement qu’on lui donne l’historique des messages et des appels, vu que les téléphones sont centralisés derrière l’administration. Dans le même temps, Ryuuen conclut que X n’avait aucune ambition de monter en classe A. Il en avait aussi conclu autre chose.

Ryuuen — Nous avons un peu divergé alors revenons à nos moutons. Je ne sais pas quelle méthode il a utilisé mais le fait est qu’il pense comme moi et qu’il a réussi à avoir un espion dans cette classe. Autrement, il n’aurait jamais pu avoir cet audio. Cependant, la véritable identité de X ne sera pas dévoilée même si on trouve l’espion car si ce dernier le savait, tout ce petit jeu sera terminé. Il est possible que les deux aient communiqué via des méthodes archaïques comme des lettres, même si c’est démodé et inefficace. Ou bien qu’ils aient utilisé d’autres moyens pour prendre contact.

Ibuki — Mais tu n’as trouvé aucune preuve sur nos téléphones. Tu es sûr que tu n’as pas omis des détails ?

Ryuuen — J’ai regardé les portables seulement par principe pour sauver les apparences.

Ibuki — Huh ? Mais tu as dit que tu trouverais la taupe non ?

Ryuuen — Réfléchis, si tu étais la taupe, tu laisserais des traces ?

Ibuki — Non… C’est pour ça que j’ai trouvé que c’était une perte de temps.

Ryuuen — En effet tu peux le voir comme une perte de temps car il est facile de détruire les preuves. Et même si la taupe ne voulait pas les détruire, X a dû lui demander de le faire. Autrement dit, pour se couvrir, l’espion a voulu s’innocenter en me laissant regarder son portable. Ceux qui n’ont donc pas voulus me montrer leur portable ne sont clairement pas des espions.

Ainsi Nishino et les autres ne furent pas suspectés car il était évident que l’espion n’aurait pas voulu attirer l’attention aussi grossièrement. Bien entendu Ryuuen pouvait aussi vérifier le contenu de leur portable au cas où mais cela aurait été vu comme une provocation. Cette tactique était parfaite pour quelqu’un qui avait le contrôle total sur sa classe et quand bien même il avait pris des risques, cela avait payé. Il était passé très vite sur le contenu des téléphones car il ne cherchait rien de douteux. Il avait d’ailleurs dit à ses camarades qu’il n’avait pas violé leur intimité. En revanche il chercha à voir à quel point l’espion était dominé par X et à quel point il avait peur de lui. Et ce qu’il a vu…

Ryuuen — Je vais encore m’adresser à l’espion.

Ryuuen regarda les yeux de chacun de ses camarades, un par un.

Ryuuen — As-tu plus peur de X ou de moi ? Demande-toi lequel il vaudrait mieux ne pas avoir comme ennemi. Tu te souviens de la fin de la cérémonie de rentrée non ? Tu veux que je te rappelle ce qui arrive à ceux qui osent me résister ? N’est-ce pas Ishizaki ?

Ishizaki — O-Oui……

Ishizaki trembla un peu après avoir été mentionné. Albert, qui resta calme jusqu’à maintenant, fit une petite réaction. Au départ, personne ne comptait suivre les ordres de Ryuuen et Albert et Ishizaki furent les premiers à contester son autorité. Mais ils furent rapidement maîtrisés et mis au sol par Ryuuen alors qu’Albert était un colosse et qu’Ishizaki avait plus d’expérience en combat.

Ryuuen — La coercition est le moyen le plus puissant au monde pour exercer son autorité. Je ne succomberai pas à celle des autres. Même si je dois être exclu par l’établissement, je ferai en sorte de te buter avant, c’est compris ? Je ferai en sorte que l’insecte que tu es retourne à sa juste place.

Ce n’était pas la même autorité que l’ex-président du conseil Horikita ou bien celle de Nagumo actuellement. C’était ici de la frénésie, de la violence pure.

Ryuuen — C’est ta dernière chance pour avouer. Si tu le fais maintenant, je te promets que je jetterai l’éponge et que je te défendrai dans le futur si jamais tes camarades te soupçonneraient pour quelque chose. Comme je l’ai dit au début, je mènerai notre classe en A alors tant que toi et les autres obéiront, je vous protégerai tous sans exception.

Ryūen descendit de l’estrade et se tint devant ses camarades, les regardant dans les yeux. Il s’adressa à tous et non seulement à l’espion.

Ryuuen — Tu comprends ce que cela implique de me trahir ?

Il regarda ses camarades un à un afin de trouver le coupable. Il s’avança finalement vers une fille et ce n’était bien entendu pas un hasard. Il avait prévu depuis le début de lui faire face.

Ryuuen — Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne peux pas me regarder dans les yeux ?

— Ah…… A-A…… Je……

Sa respiration était haletante et elle était sur le point de fondre en larmes.

Ryuuen — Kuku. C’est donc toi la taupe Manabe…

Personne n’aurait jamais pensé à elle, tous ne purent qu’être dépassé par les évènements.

Ryuuen — N’aie pas peur Manabe. Tu n’as pas pris l’initiative de te dénoncer mais je savais que c’était toi depuis le début. Ton teint était mauvais depuis le début. Tu ne pouvais en aucun te cacher de moi.

Ryuuen lui caressa les cheveux et les ramena près de son oreille. Il toucha ensuite son visage. Manabe commença à trembler comme si elle fut exposée à un grand froid.

Manabe — Pardonne-moi je t’en supplie !

Ryuuen — Ne t’en fais pas je te pardonne vu que je suis magnanime. Mais révèle-moi qui est ce X. Après tout, il a été assez fort pour que tu réussisses à me trahir.

Ryuuen se détourna ensuite de Shiho Manabe pour lancer un regard aiguisé à ses amies, Nanami Yabu et Saki Yamashita.

2

Après avoir pris toute la classe C en otage, Ryuuen laissa partir la plupart des élèves. Il ne restait plus qu’Ishizaki, Kaneca, Ibuki ainsi que les trois taupes.

Ryuuen — Première question, connaissez-vous l’identité de celui qui vous a donné ces instructions ?

Manabe et les autres firent un non catégorique de la tête.

Ryuuen — Question suivante, pourquoi avoir trahi notre classe ?

Manabe — C’est…

Ryuuen — Pas la peine de cacher la raison, à moins que vous vouliez que nos camarades vous traitent comme des parasites.

Sans plus aucune échappatoire, Manabe se décida à avouer.

Manabe — D…… Karuizawa de la classe D, tu vois qui c’est ?

Ryuuen — De nom et de visage. C’est la meuf de Hirata non ?

Manabe — Elle fait genre la meuf forte mais en vrai elle a été victime de harcèlement scolaire durant le collège.

Ryuuen — Oh ? Et donc ?

Manabe — Rika a été maltraitée par Karuizawa alors on a voulu se venger.

Même si Manabe avait peur, elle parla de tout ce qui s’était passé sur le bateau du début à la fin en omettant aucun détail. Elle a ainsi précisé que si elles avaient trahi la classe c’était parce que la classe D avait la preuve de leur agression sur Karuizawa et qu’elles étaient sous l’effet du chantage. En effet elles risquaient l’expulsion voire bien pire. Bien entendu elles n’avaient rien révélé à Ryuuen pour ne pas se faire gronder par ce dernier.

Ibuki — Vous vous êtes bien amusées à ce que je vois !

Ishizaki — T’es débile ? Elles ont été menacées par un gars inconnu. Les choses auraient pu et peuvent toujours très mal tourner.

Ryuuen — Ne les blâme pas Ibuki. Quand les humains sont au pied du mur, ils deviennent des créatures vulnérables.

Ryuuen décida de pardonner Manabe et ne continua pas les reproches.

Ryuuen — Il y avait d’autres témoins de la scène ?

Manabe acquiesça et donna les noms.

Manabe — À ce moment-là on a été vu par Yukimura-kun et Ayanokōji-kun de la classe D. La photo nous est parvenue juste après

Ryuuen — Je vois. Je m’attendais à ce qu’il y ait des témoins vus que vous aviez été menacéeq mais de là à arriver à prendre une photo. Vous en avez fait quoi d’ailleurs ?

Manabe — Je l’ai supprimée au cas où on tomberait dessus.

Ryuuen — C’est donc le fin mot de l’histoire.

Kaneda — C’est donc soit Yukimura-shi ou Ayanokôji-shi ?

Kaneda n’avait pas parlé depuis le début jusqu’à maintenant. Il était l’un des rares éléments de la classe C que Ryuuen trouvait utile.

Manabe —Ryuuen, je ne sais pas pour Yukimura mais Ayanokôji n’est vraiment pas du genre à tirer les ficelles. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de parler avec lui et il n’a clairement pas si malin.

Ishizaki — Yukimura est bon en cours qui plus est, alors ce ne serait pas étonnant.

Kaneda — Je pense le contraire. Ayanokôji-shi traîne toujours avec Horikita-shi. De plus il a caché ses talents de coureur durant le festival. C’est clairement lui qui n’est pas net.

Ibuki — Je pense que les deux sont des candidats probables. Ayanokôji sait utiliser ses jambes et Yukimura sa tête. Mais on ne peut pas s’arrêter à eux.

Manabe — Qui d’autre ?

Ibuki — Il y a vraiment des talents en classe D comme Hirata.

Manabe — Ce mec ? Je lui parle souvent et c’est pas le genre !

Ryuuen sourit à la vue de ses camarades en train de discuter mais tout de suite après il frappa le bureau de sa main

Ryuuen — Fermez-là !

Ryūen laissa échapper un petit rire tandis que la salle sombra dans le silence.

Ryuuen — Ai-je un moment demandé votre opinion ? Je trouverai celui qui tire les ficelles en classe D. N’oubliez pas que vous êtes mes pions alors restez à votre place de menu fretin. Si on s’en tient aux faits, seuls Ayanokôji ou Yukimura peuvent avoir pris la photo mais on ne peut pas conclure que l’un des deux soit l’éminence grise. Ils peuvent complètement être sous l’influence d’une personne tierce.

En effet il était probable que l’un des deux ou les deux aient pris la photo et ait reporté la chose à celui qui tirait les ficelles de la classe D pour qu’il en tire profit face à la classe C.

Kaneda — Mais, Ryūen-shi, On ne devrait pas se méfier tout particulièrement d’Ayanokôji-shi ?

Préparé à assumer la colère de Ryuuen, Kaneda osa redonner son opinion pensant que cet acte était nécessaire.

Ryuuen — Ce n’est pas faux

Depuis le début Ryuuen se méfiait d’Ayanokôji à cause de sa relation avec Suzune Horikita mais c’était pour lui une conclusion bien trop facile. L’idée que le garçon aux côtés de Horikita soit celui qui tirait toutes les ficelles de la classe D était déplaisante à souhait d’autant plus que s’il comptait dès le départ manipuler cette dernière, il n’aurait jamais tenté cette tactique d’approche.

Ryuuen — Cela m’étonnerait que ce soit lui. Il est trop exposé à mon goût.

Cette sensation de ne pas trouver X lui était inconfortable.

Ryuuen — Bon, je vais utiliser cette carte.

La situation avait déjà bien progressé jusque-là. L’exposition de l’identité du maître à penser de la classe D n’était pas loin d’être résolue pour lui. Afin de préparer le coup suivant, Ryuuen envoya un message à une personne via son portable.


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