CLASSROOM V7 : BONUS


Histoires courtes du vol.7

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Traduction : Mastery.corp
Correction : Nova & Raitei
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Je n’ai pas l’intention de changer (Hasebe)

Après les cours, la température baissa progressivement. Le groupe d’Ayanokôji s’était réuni comme d’habitude à l’entrée du centre commercial Keyaki. Je m’empressai de mettre de côté ma conversation avec Miyacchi et approchai Kiyopon.

Moi — Ah, en parlant de la classe C… Je t’ai vu chef tu sais. Tu veux vraiment que les gens te jalousent ?

J’utilisai mon coude pour toucher son flanc.

Ayanokôji — Qu’as-tu vu au juste ?

Est-ce parce qu’il ne s’en était pas rendu compte, ou parce qu’il essayait de le cacher ? L’expression de Kiyopon n’avait pas changé d’un poil.

Moi — Et tu me demandes ce que j’ai vu… Bah toi Kiyopon avec Shiina de la classe C.

Je n’aimais pas tourner autour du pot, alors je lançai une attaque frontale. S’il était coupable, il montrerait une trace d’hésitation dans ses yeux. Malgré la mention du nom de Shiina-san, Kiyopon resta imperturbable

Moi — Laisse-moi te dire qu’Airi est préoccupée depuis qu’elle a

entendu cette histoire. Elle n’arrête pas de faire tomber son riz partout.

Airi — Hein ? Tu m’avais promis que tu ne dirais rien Haruka-chan !!

Airi se mit en colère et son visage rougissait. Cette réaction franche était vraiment mignonne, je ne pus m’empêcher de la taquiner un peu.

Moi — Ah oui ? Dans ce cas, oublions ce que je viens de dire.

À notre époque, une fille si naïvement expressive concernant l’amour était très rare. Je l’admirais vraiment. Il y avait aussi parfois des filles qui montraient une réaction amoureuse calculée, mais je ne les aimais pas.

Moi — Juste avant noël ? C’est un coup de foudre de dernière minute ?

Pour le bien d’Airi, il fallait que je creuse la chose en profondeur.

Yukimura — Vraiment Kiyotaka ? T’es vraiment sociable en fait.

Moi — Sociable ? Non c’est toi qui est à la ramasse Yukimu ~. Il ne faut

jamais négliger l’amour, qui plus est de nos jours où ça va encore plus vite.

Yukimura — Comment ça « plus vite » ? On est qu’en seconde, tu sais.

Moi — Ecoute-moi, découvrir l’amour pour la première fois en seconde

c’est déjà considéré comme trop tard à notre époque. Dans mon école

primaire, des gens de ma classe sortaient déjà avec des collégiens et des lycéens.

Yukimura — P-première fois que j’entends parler de ça.

.

Moi — Ça veut juste dire que tu ne suis pas ce qu’il se passe autour de

toi, Yukimu~. La plupart des filles ne sont pas attirées par des gamins, vous avez bien trop de fantasmes. Si vous voulez avoir une petite amie pure et mignonne, vous devez faire attention aux filles qui vous entourent, comme Airi.

Airi — Je suis désolée, Haruka-chan. C’est…

Airi me chuchota quelque chose à voix basse. On dirait qu’elle avait finalement réalisé que je l’assistais.

Moi — Ne t’inquiète pas, ne t’inquiète pas. Tu dois toujours confirmer si Kiyopon est célibataire. Mais Airi, il faut aussi que tu fasses de ton mieux, ne sois pas naïve. S’il avait une petite amie, on ne pourrait pas être aussi direct, n’est-ce pas ?

 Airi n’était pas du genre à essayer de connaître son crush pour rassembler des infos. Elle était malheureusement peu réactive à tous les plans.

Airi — Tu as raison.

Airi acquiesça avec résolution et son visage était toujours aussi rouge. Airi était vraiment vraie et naïve par nature, elle ferait fondre n’importe quel garçon normal qui tenterait au moins de sortir avec elle pour voir si ça marche. Miyatchi et Yukimu avaient plus ou moins compris la situation, mais Kiyopon n’en avait pas encore pris conscience. Je ne savais vraiment pas à quoi il pensait. Oublions ça et titillons-le encore un peu.

Moi — …Mais…

Jusqu’à présent, je n’avais jamais été en couple avec personne. Mais je mentirais si je disais que je n’avais jamais eu quelqu’un que j’aimais.

Quand j’étais à l’école primaire, j’en avais un. Au collège, j’en avais un aussi. Ils avaient tous les deux 2 ans de plus. Malheureusement, je n’avais jamais parlé à aucun des  deux. Ils étaient intelligents, beaux, bons en sport, ce genre d’ainés qui ferait craquer n’importe quelle fille. Plus qu’aimer, il serait plus approprié d’utiliser le mot « désir » pour exprimer mes sentiments. J’avais essayé d’entamer une conversation d’innombrables fois, mais je n’avais jamais rassemblé assez de courage… Au final je l’avais bien regretté car je n’avais même pas pu confirmer si c’était de l’amour ou non. Je ne voulais plus avoir de regrets à nouveau si j’éprouvais ce genre de sentiments à nouveau. Malgré cette résolution, mon niveau d’exigence était élevé car je ne m’intéressais pas aux garçons ordinaires. Chercher l’originalité était quelque chose de rationnel au fond.

Dans notre classe, Hirata était la personne qui se rapprochait le plus de mon idéal. Cependant, il me fallait plus que lui. Récemment, j’avais commencé à penser que les qualifications de Kiyopon étaient très bonnes. Même s’il n’était pas aussi bon que Yukimu dans les études et qu’il semblait aussi moins fort que Miyatchi au combat. Toutefois je continuais à penser qu’il était insondable. Yukimu et Miyacchi avaient probablement aussi commencé à le percevoir progressivement.

Je m’étais souvenue de mon étonnement lors du festival sportif avec la course de relais entre Kiyopon et le président du Conseil des élèves. Jusqu’à présent, personne ne savait qu’il pouvait courir aussi vite parce qu’il se la coulait douce jusque-là. Et si Kiyopon était mon homme idéal ? Est-ce que je ne refoulais pas mes sentiments par hasard ? Je chassai aussitôt l’idée de mon esprit. Après tout nous formions désormais un groupe d’amis plus ou moins intime, il était normal de se sentir rapprochés. Et puis mon envie de soutenir la petite Airi dans sa romance avec Kiyopon était clairement forte


Je devais me faire trop de films tout simplement parce que Kiyopon était plein de mystères. En creusant un peu plus, j’allais sûrement me rendre compte qu’il était tout à fait ordinaire aussi.

Yukimura — Qu’est-ce qui ne va pas, Haruka-chan ?

Moi — Oh, ce n’est rien.

 Je n’avais rien l’intention de changer.

Il ne le fallait pas pour conserver l’élan de ce petit groupe.

Moi — Je m’excuse si j’ai été intrusive mais j’étais curieuse.

Ayanokôji — Désolé de gâcher le plaisir mais il n’y a rien de tel me concernant.

Après mon bref échange avec Yukimu, Kiyopon réussit encore à me tourner en ridicule en restant imperturbable.

Moi — T’es sûr ? Tu ne serais pas juste gêné de l’admettre ?

Sakura — T-tu vois ? Je t’ai dit qu’il n’y avait rien, Haruka-chan.

La situation actuelle me convenait parfaitement.

Voilà ce que j’avais dit à mon cœur.

Moi, Hasebe Haruka, ne comptais pas changer.

Je voudrais que l’on devienne amis (Hiyori)

Ce jour-là, j’étais allée vers la bibliothèque lorsque la pause déjeuner commença. J’étais déjà allée à la bibliothèque pendant plusieurs jours de suite pour chercher « Adieu, ma jolie  » de Raymond Chandler. Étant très populaire, il avait été difficile de l’emprunter. Je n’avais personne que je pouvais considérer comme ami : j’avais toujours été seule. Bien sûr, ce n’était pas comme si je ne voulais pas me faire des amis, mais je n’avais jamais été douée pour traiter avec les gens.

Moi — …Ce n’est pas ici.

À mon arrivée à la section des romans policiers, je baissai immédiatement les épaules en guise de déception. C’était sur mon chemin pour me rendre au club de cérémonie du thé de toute manière… je n’avais qu’à repasser après les cours ! Même si j’étais bien toute seule, je ressentais aussi de la solitude de temps en temps. Ryuuen-kun ne pouvait pas supporter de me voir comme ça alors il me parlait, mais comme il y avait toujours beaucoup de gens autour de lui, cela me rendait très nerveuse, alors je ne pouvais pas rester avec lui.

Moi — Hein ?

Il y avait un livre placé en hauteur. Soudainement, je m’étais rendue compte que le livre ne correspondait pas à la classification de la section. Etait-ce le bibliothécaire qui avait fait une erreur ?

Moi — En…

Je tendis la main pour le descendre mais je ne pouvais pas l’atteindre. Incroyable, même si je savais que je n’étais pas de taille, je réessayai.

Moi — Je n’arrive toujours pas à l’atteindre.

Puis, quand je commençai à sortir de mon déni…

Ayanokôji — Je n’avais peut-être pas besoin de le faire mais…

Un garçon dit cela et m’aida à prendre ce livre mal classé.

Ayanokôji — Tu es la fille en classe C de la dernière fois.

Lorsqu’il me dit ça, je me souvins de lui.

Moi — Si je me souviens tu es … Ayanokôji-kun n’est-ce pas ?

En y repensant, je l’avais déjà vu lors de l’intervention de Ryuuen-kun. Je me souvenais qu’à ce moment-là, il cherchait la personne qui l’avait vaincu ou ce genre de choses. Il était donc en pleine enquête sur la classe D mais cela n’avait ne me concernait pas, là… Je ne comptais pas l’observer car je n’étais pas intéressée par la lutte des classes.

Ayanokôji — C’est bien ça. Voilà.

Moi — Merci beaucoup.

Je pris le livre et juste au cas où, regardai l’étiquette du livre pour avoir confirmation. Comme prévu, il devait être placé dans une autre section.

Ayanokôji — Tu aimes bien Brontë ?

J’ouvris le livre et je le refermai aussitôt. Il me regarda comme si c’était étrange. Il semblait qu’il m’avait mal compris et qu’il pensait que j’aimais les livres de Brontë.

Moi — Je n’ai pas d’avis là-dessus personnellement. Mais le livre était

dans la mauvaise catégorie alors je voulais le ramener à sa place.

Ayanokôji — Je vois…

À ce moment-là, je remarquai une certaine chose. C’était le livre qu’Ayanokôji-kun tenait dans sa main.

Moi — D’ailleurs, le livre que tu tiens … c’est « Adieu, ma jolie » non ?

C’est un chef-d’œuvre.

Je ne savais pas pourquoi mais je pensais avoir trouvé un camarade, alors je n’avais pas pu m’empêcher de me renseigner auprès de lui.

Ayanokôji — J’ai réussi à l’obtenir grâce à une amie aujourd’hui.

Moi — Tu en as de la chance alors, Raymond Chandler semble très

populaire chez les élèves de première et tout le monde se bat depuis un moment pour l’avoir. Je voulais le lire depuis un certain temps également mais je n’avais pas réussi à le trouver aujourd’hui.

Ayanokôji — Il semblerait que j’ai fait quelque chose de mal en le monopolisant.

Moi — T’en fais pas, je l’ai déjà lu par le passé. De plus, en cherchant ce livre j’ai eu la chance de tomber sur un autre. Cette bibliothèque semble avoir une large collection. Je finirai diplômée avant d’avoir pu tout lire.

Ayanokôji — Je vois, c’est en effet très probable.

Après cela, je parlai inconsciemment de manière passionnée avec lui. Même si j’avais réalisé qu’il était resté silencieux, je n’avais pas arrêté de parler pour autant. J’étais tellement heureuse que je m’étais laissée emportée par l’excitation. Le temps avait passé en un clin d’œil. Je me sentais seule parce que la discussion se terminait et j’avais dit sans le savoir des mots qui ne correspondaient pas à ce que j’avais l’habitude de dire.

Moi — On a encore un peu de temps avant la fin de la pause-déjeuner. Si tu es d’accord … voudrais-tu que l’on mange ensemble ?

Ayanokouji —  Eh ?

C’était normal d’être confus. Après tout, même moi, je ne m’attendais pas à dire ce genre de mots de manière proactive. Et c’était sans tenir compte des relations assez conflictuelles entre les classes C et D alors je tentai ma chance malgré mes grosses chances me faire rejeter.

Moi — Personne dans la classe C n’aime lire de romans alors je n’ai

personne à qui en parler…

Je lui dis ainsi franchement ce que je ressentais.

Ayanokôji — Ça ne va pas poser problème ? La classe C a l’air de chercher quelqu’un dans notre classe et je dois faire partie des suspects.

Moi — Sois tranquille. J’agissais sur demande de Ryuuen mais, depuis le début, les conflits ne m’ont jamais intéressée. Ou bien ça te pose un

problème de me parler ?

Ayanokôji — Non. Si ça ne te pose pas de problèmes alors moi non plus.

C’était un soulagement. Créer des scissions entre les classes sur des choses aussi triviales me rendait malheureuse. Après tout, la meilleure chose était que tout le monde puisse vivre en harmonie. Ayanokôji-kun n’avait révélé aucune expression de dégoût, ce qui me rendit très heureuse.

Moi — On y va ? Le temps passe vite.

Peut-être que je pouvais me faire un ami qui partageant ma passion. Une partie de moi pensait que ces actions ne me ressemblaient pas, tandis que l’autre partie était extrêmement enthousiaste face à cette évolution.

J’espérais qu’à l’avenir, le conflit de nos deux classes n’allait pas créer de scissions entre nous.

Je souhaitais cela du plus profond de mon cœur.

J’étais tiraillée (Sakura)

Moi — J-je vois, c’était donc ça. Ce n’était pas un rencard.

Hahaha, super… ! Mon cœur fut libéré d’un poids. J’expirai de soulagement.

Ayanokôji — Mais je ne savais pas de quoi elle parlait donc je n’ai rien pu lui dire, même si elle me l’avait demandé plusieurs fois. C’était dur pour être franc.

Depuis que j’avais vu Kiyotaka-kun et Shiina-san déjeuner ensemble, mon cœur battait très fort. Si elle s’avérait être la petite amie de Kiyotaka-kun, mon cœur allait probablement s’arrêter de battre.

Hasebe — Ne t’inquiète pas, ne t’inquiète pas. Tu dois toujours confirmer si Kiyopon est célibataire. Mais Airi, il faut aussi que tu fasses de ton mieux, ne sois pas naïve. S’il avait une petite amie, on ne pourrait pas être aussi direct, n’est-ce pas ?

Me dit-elle en chuchotant.

Hasebe — C’est vrai, dire que Shiina est la petite amie de Kiyopon, c’est aller un peu trop loin mais les probabilités que les deux s’aiment ou que Kiyopon ait des sentiments envers elle existent.

Moi — Eeeeeeh !?

Mais, si c’était le cas, peut-être que ça pourrait être…

Hasebe— Exact ? C’est pourquoi tu dois faire une enquête approfondie au préalable.

En disant cela, Haruka-chan commença à parler à Kiyotaka-kun.

Hasebe — T’avais quand même l’air de t’amuser je trouve.

Haruka-chan posa les questions que je me posais aussi.

Ayanokôji — Je ne vais pas non plus dire que c’était désagréable, elle reste quand même une camarade de lycée.

Moi — Oui, oui. C’était juste ça, n’est-ce pas ? Parce que Kiyotaka-kun est très gentil, c’est pourquoi il ne pouvait pas ignorer quelqu’un qui lui parlait.

Yukimura — Les propos de la classe C sont quand même inquiétants. Je n’aime pas tendre l’oreille mais j’ai appris que Sudou aussi avait été pris dans ces histoires et était allé demander à Horikita des conseils. 

En réalisant que le sujet était passé de l’amour à quelque chose de plus sérieux, je me sentis soulagée.

Hasebe — Oui, mais ça devrait être à moitié vrai ce qu’il dit.

Moi — C-Comment ça ?

Hasebe — Le fait est qu’il a déjeuné avec une fille, tu sais ? Mieux vaut être un peu suspect au cas où.

Moi — Uuuuh. Donc tu penses qu’il c-cacherait quelque chose ?

Hasebe — Ah, peut-être pas à ce point-là. C’est aussi une possibilité que Kiyopon traite tout le monde comme ça.

Moi — Oui, oui. Ça doit être ça.

Hasebe — Mais on ne peut pas faire confiance aux garçons !

Moi — V-v-v-vraiment !?

Moi, Sakura Airi, ai toujours été tiraillée par mon propre cœur.

Ténèbres invisibles (Mlle. Chabashira)

Ayanokôji avait prit contact avec son père. Je marchais dans le couloir tout en essayant de ne pas montrer ma gêne.

Moi — … Comment ça, tu as tout compris ?

Même si ce n’était pas parfait, j’avais tout de même le tempérament calme d’un professeur en apparence.

Ayanokôji — Je dis que tout ce que vous m’avez raconté n’était que mensonge.

Moi — De quoi tu parles ?

La situation sentait le roussi. Je ne pouvais donc pas traiter ce garçon comme un lycéen normal.

Ayanokôji — Mon père ne vous a jamais contactée. Bien sûr, il ne vous a pas non plus obligée à me faire quitter cette école.

Moi — C’est faux. Ton père m’a demandé de l’aide. D’ailleurs, comme je te l’ai expliqué, j’ai constamment cherché à te virer. 

L’impatience me gagna et Ayanokôji avait lu en moi

Ayanokôji — Cessez d’essayer de me manipuler. Le président Sakayanagi m’a tout expliqué concernant mon admission.

Je voulais cacher cette vérité, mais Ayanokôji m’avait mise devant le fait accompli. À cet instant, je m’étais détendue.

Moi — Le président t’a tout expliqué ?

Je lui avais posé avec insouciance la question que j’avais en tête.

Même si je savais que le président n’agirait jamais à la hâte, j’avais quand même fait une erreur. J’avais perçu le sourire d’Ayanokôji l’espace d’un instant.

Moi — Ayanokôji, tu cherchais à me piéger c’est ça ?

Ayanokôji — Oui. Le président ne vous a jamais mentionnée devant moi mais je me doutais que vous étiez liée à l’affaire. Je n’ai plus aucun doute désormais.

Je savais que j’allais progressivement être dominée ici. Je savais qu’il avait grandi dans un environnement spécial, mais qu’ont-ils bien pu enseigner à un enfant aussi étrange ? J’avais vu beaucoup d’excellents élèves au cours de ma carrière mais Ayanokôji était différent d’eux, il m’était inconnu. Il avait profité de la situation pour faire voler en éclats tous les mensonges que je lui avais racontés jusqu’à présent.

Que devais-je faire pour le manipuler ?

Si seulement je pouvais franchir cet obstacle, je pouvais probablement être promue en classe A.

Et ainsi pouvoir enfin enfouir mon passé.

C’est pour cela qu’il fallait que j’arrive à l’utiliser à tout prix.

Il fallait que j’arrive à le garder sous mon contrôle, à faire en sorte qu’il ne puisse rien me refuser.

Chaque jour était un combat contre les ténèbres de mon cœur.

Moment avec Ibuki, Ishizaki, Albert et Shiina (Ibuki)

Cela s’était produit après la fin du deuxième trimestre, au premier jour des vacances d’hiver. C’était deux jours après cet « incident ». Pour moi, Ibuki Mio, cette journée avait été extrêmement ennuyeuse. Sous l’air froid, je regardais mes poings rougis en poussant un soupir.

Moi —  Qu’est-ce que je fais… ?

Le souffle que j’avais expiré s’était lentement dissipé devant mes yeux. Le premier jour des vacances d’hiver, je ne savais pas à quoi je pensais et je me rendis directement sur le chemin menant au bâtiment des cours, après mon réveil. Après cela, je bottai les fesses de Ryuuen et m’étais rendue au dortoir pour me réchauffer. J’avais pensé que cela m’avait satisfait mais je ne savais pas pourquoi, je restais toujours dehors, sur la route.

Moi — Aha. Il fait si froid.

Étant seule, j’avais commencé à méditer surce qu’il s’était passé la veille. Tous ces problèmes qui s’étaient succédés, nous devions êtes maudits. Même si je n’arrivais pas à le croire, tout le monde, y compris Ryuuen, avait joué le jeu de ce gars. Depuis que j’étais entré dans cette école, il n’y avait pas eu une journée paisible et il y avait toujours eu que des ennuis. Juste après avoir été affectée à la classe C, Ryuuen Kakeru  commença à contrôler la classe. Bien sûr, au début, certains n’avaient pas accepté son autorité et l’avait défié.

Ishizaki et Komiya n’avaient pas besoin d’être mentionnés, même Kaneda ne reconnaissait pas la volonté de domination manifeste de la part de Ryuuen.  Quelqu’un de normal n’aurait pas pu s’imposer dans une classe comme ça, encore moins dans ce lycée. Alors qu’on le considérait comme un clown, il fit une résistance frontale en ne se souciant pas de l’existence des caméras de surveillance et du règlement de l’école. Il envoya Ishizaki et les autres valser au point de me choquer encore rien que d’y repenser.

Ryuuen avait compris dès le début que les conflits au sein de la classe ne pouvaient pas être signalés à l’administration parce que c’était la même chose que de se tirer une balle dans le pied.

Ryuuen avait répété ces choses sans discernement plusieurs fois et il avait à chaque fois joué avec les zones ambiguës du règlement. Jusqu’à hier, Ryuuen avait utilisé beaucoup de méthodes diverses et variées pour mener la classe C le plus loin possible. Ses stratégies et ses manœuvres de l’ombre lui procuraient de la fierté. Il se pensait jusque-là intouchable mais arriva ce qui devait arriver : Ryuuen Kakeru tomba et perdit sa flamme. Bien que tout ce qui était arrivé à cette horrible personne n’ait rien à avoir avec moi, je ne pouvais m’empêcher de ressentir de la colère quoi que je fasse. Qu’est-ce qui m’irritait à ce point-là ?

Moi — Ah, vraiment ! Faut que je me reprenne là !

Pourquoi devais-je perdre mon temps à penser à ça alors que c’était les vacances ? Avant que je ne m’en rende compte, le chemin qui menait au bâtiment de l’école débordait d’élèves en tenue décontractée. Ils se préparaient probablement à aller au centre commercial Keyaki pour profiter de l’arrêt des cours. Quoi qu’il en soit, cela n’avait aucun rapport avec moi car je ne considérais personne comme ami.

Ibuki — Il en met du temps…

J’attendais déjà depuis 30 minutes. Ma patience était déjà à bout, alors je sortis mon téléphone pour essayer de l’inciter à venir.

Ishizaki — Yo, Ibuki. Je t’ai fait attendre.

Avant que je ne l’appelle, il était enfin arrivé. Il entama une conversation avec moi. Albert se tenait à côté de lui.

Ibuki — Tu voulais me faire attendre combien de temps mec ?

Ishizaki — Désolé. On a galéré un peu.

Ibuki — …Ah ouais ??

Ishizaki — En tout cas, on a réussi mais Ryuuen-san est très en colère.

Ibuki — Je vois ça oui. Le nombre de blessures a augmenté.

X n’y était décidément pas allé de main morte avec Ishizaki, ça avait l’air très douloureux au point qu’il caressait son visage rougi constamment. Cependant, il ne montrait ni colère ni regret. Il avait l’air très joyeux.

Ibuki — Vous êtes masos pour être aussi content d’avoir été frappés ?

Ishizaki — Vas-y, je suis juste content c’est tout.

Ibuki — Eh…t’es bien maso oui.

C’est ce que je pensais, mais les yeux d’Ishizaki vacillaient et il avait l’air satisfait.

Ibuki —Ryuuen vous a écrasé jusqu’à maintenant. Vous ne lui en voulez pas ?

Je voulais éclaircir ce doute que j’avais en moi en lui posant la question. Ishizaki avait été régulièrement blâmé pour son incompétence sous la dictature de Ryuuen alors qu’il était loyal. Qui plus est, c’était celui qui se faisait le plus taper dessus.

Ishizaki — Je vais pas dire que je suis ok avec ça mais…

Ibuki — Mais quoi ?

Ishizaki — Mais maintenant j’ai appris à le connaître ou plutôt à le respecter.

Est-ce qu’il aurait développé un syndrome de Stockholm ? Son cerveau, à force d’avoir reçu des coups, ne devait plus marcher normalement.

Ibuki —  À mes yeux, c’est juste un loser qui s’est trop emporté.

Ishizaki — Ne dis pas ça.

Uwa, c’était gênant de sa part. Son cerveau devait vraiment mal fonctionner. Mais Albert, qui se tenait derrière Ishizaki, dégageait la même aura derrière ses lunettes de soleil.

Ibuki —  …Tu penses comme Ishizaki ?

Je fis face à Albert pour lui demander et il hocha légèrement la tête sans rien dire.

Ibuki —  Haa. Je n’arrive pas à comprendre. Qu’est-ce qu’il y a de si bien chez ce type ?

Même si je lui demandais ça, c’était stupide d’attendre une réponse d’Albert.

Ibuki —  Si tu t’y mets sérieusement tu peux battre n’importe qui Albert, même Ryuuen.

Dans le cadre d’une bagarre normale, Albert avait un avantage écrasant. En fait, Albert avait obtenu la victoire dans trois des trois confrontations directes avec Ryuuen. Seulement, sans que je ne le réalise, après des combats répétés, Albert devint l’un des sbires de Ryuuen. Je comprenais la situation dans une certaine mesure, mais c’était encore vraiment inconcevable pour moi qu’il obéisse sans broncher. Cependant, Ishizaki semblait comprendre Albert.

Ishizaki — Albert n’aime pas se battre.

Ishizaki dit cela en riant tout en piquant Albert dans les côtes. Ça devait être un truc de mecs. Ils devaient se comprendre.

Ibuki —  T’aimes pas te battre mais t’es fait pour ça.

Ishizaki — Est-ce que tu l’as déjà vu se battre avec quelqu’un à part quand Ryuuen lui avait ordonné ?

Ibuki —  … Probablement pas. Non.  Mais, raison de plus alors…

Tant qu’il ne suivait pas Ryuuen, il n’avait pas besoin de se battre.

Ishizaki — Ryuuen-san l’a laissé expérimenter ce qu’était la virilité.

Il se mit à frapper le dos d’Albert après avoir dit ça. Je ne comprenais vraiment pas ce que voulait dire Ishizaki mais bon.

Ibuki —  Aah laisse tomber. Je n’aurais pas dû espérer du sérieux de votre part.

J’avais plus ou moins compris la situation à partir des mots d’Ishizaki, il était donc temps de revenir en arrière. Aujourd’hui, j’étais restée trop longtemps dans le froid. Il fallait que j’aille me réchauffer.

Ibuki —  Bon, j’y vais.

Je dis cela, mais je ne savais pas pourquoi, Ishizaki me regarda avec un visage sérieux. Je n’avais pas pu m’empêcher de vouloir le faire valser mais je réussis à me contenir.

Ishizaki — Ibuki, si ça ne te dérange pas, tu veux venir avec nous prendre un thé ?

Ibuki —  …Quoi ?

Qu’est-ce qu’il venait de dire ? C’était tellement inattendu que j’étais resté figé. Ishizaki répéta la chose.

Ishizaki — Allons boire du thé.

Je rêvais où ce type m’avait invité ? Cet idiot m’avait invité à prendre un verre ? Moi ? Au moment où je réfléchissais à tout ça, il se montra agité et nia tout en bloc.

Ishizaki —  Je te le dis d’avance, je n’ai pas d’arrières pensées. Je suis préoccupé par Ryuuen-san. Ah, si je le dis comme ça, ça devient encore plus bizarre. Bref, Albert vient avec nous de toute façon.

C’était quoi cette explication ? Mais ses mots ne semblaient pas être des mensonges. Même si Ishizaki était grossier et violent (Bon ça valait pour moi aussi, certes), c’était quelqu’un de sincère. Et puis Albert était de la partie aussi, bien que je ne comprenais pas pourquoi il voulait venir. Cette situation était totalement inédite. D’où venait cette impulsion soudaine ? Était-ce parce que les événements d’hier leur avaient laissé une profonde impression ?

Ibuki —  S’il arrive quelque chose je te mettrai au sol, t’inquiètes.

Ishizaki —  Je te dis que je n’ai pas ce genre d’intention. Jamais je te verrai comme ça, vraiment.

M’être fait rejeter comme ça m’avait mise étrangement de mauvaise humeur.

Ishizaki — De toute manière c’est pas comme si t’avais des plans pour ces vacances, non ?

Ibuki — J’avoue…

Bien que je n’étais pas chaude pour venir, j’avais en effet beaucoup de temps libre. Et puis j’avais besoin de me réchauffer quelque part.

Ibuki —  On se dépêche alors avant que je ne change d’avis.

Ishizaki —  Albert, tu veux venir aussi ?

Face à Ishizaki, qui l’interrogeait, Albert hocha calmement la tête.

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Pendant le premier jour des vacances d’hiver, le centre commercial Keyaki était bondé d’élèves au point que je ne pouvais pas m’empêcher de regretter d’avoir été si excitée à l’idée de venir ici.

Ishizaki —  Pour en revenir à notre sujet principal, je ne m’attendais pas à ce que tu sois de notre côté.

Ibuki —  De quoi tu parles ?

Ishizaki —  Je parle de Ryuuen-san. Je pensais que tu le détestais.

Ibuki —  Ha ? Oui, je le déteste.

Quel genre de mauvaise interprétation l’avait conduit à cette conclusion ?

Ishizaki —  Alors, pourquoi tu nous as contactés aujourd’hui ?

Ibuki —  C’est…

C’est juste que ça m’avait mis de mauvaise humeur que ce type veuille fuir sans préavis après tout ce qu’il avait fait. Mais Ishizaki et les autres n’étaient certainement pas capables de comprendre où je voulais en venir. Depuis que j’étais entrée dans ce lycée, je n’avais jamais aimé Ryuuen mais j’avais reconnu ses capacités. C’est pourquoi je me sentais irritée par les choses qui s’étaient déroulées ces derniers jours.

Ibuki —  De toute façon, ça n’a rien à voir avec toi.

Ishizaki —  Eh bien, c’est vrai.

Il semblait qu’il n’avait pas l’intention de s’informer davantage. Ishizaki mangea les glaçons tout en buvant son café glacé avec beaucoup de sirop de gomme.

Ibuki —  Pourquoi tu prends un café glacé en hiver ?

Ishizaki —  Il n’y a rien de mal à ça. C’est justement parce qu’il fait très froid que boire des boissons froides est plus délicieux.

Bien sûr, Albert et moi avions commandé des boissons chaudes.

Ishizaki — Que va-t-il se passer quand le troisième trimestre commencera ?

Ishizaki prit l’initiative de parler de la suite des évènements. Après avoir fini la boisson, son corps tremblait sûrement à cause des glaçons. Il était vraiment stupide.

Ibuki —  Comment je pourrais savoir ce genre de choses.

Ishizaki —  Mais… nous devons y réfléchir, n’est-ce pas ?

Qu’est-ce qu’Ishizaki voulait que je dise exactement ? Même si nous n’y avions pas pensé, c’était très clair.

Ibuki —  Même si j’y pense, la décision de Ryuuen ne changera pas. Vous êtes libres de vous inquiéter dans votre coin, mais vous perdez probablement votre temps.

Ishizaki — Euh…

J’avais un ton dur mais c’était pour la bonne cause. Je savais qu’il voulait probablement que je l’assiste, mais c’était vraiment une perte de temps. Pour le coup, il n’avait vraiment pas d’arrières pensées.

Ishizaki — Mais.

Ibuki —  Pas de « mais ».

Ishizaki — Si ça continue, la classe D…

Ibuki —  Stop.

J’utilisai un ton plus direct pour arrêter Ishizaki et le fixer.

Ibuki —  Écoute bien. J’interdis tout sujet lié à « LUI ». Si vous ne pouvez pas respecter cela, je pars.

Ishizaki n’eut d’autre choix que de s’avouer vaincu.

Ishizaki — J’ai pigé, ok. T’inquiète.

Ishizaki, pris de panique, essaya de me calmer. Après tout, je ne savais pas pourquoi je devais discuter de ces choses avec ces deux-là.

Ibuki —  Je partirai une fois que j’aurai fini ce verre.

Il restait encore la moitié de la boisson. Il fallait la boire un peu plus vite.

Ishizaki — Je ne vais pas parler de ça, mais ça t’irrite vraiment ?

Ibuki —  Oui ! Depuis hier, le nombre de personnes que je déteste est passé à 2.

C’était tout ce que j’avais à dire.

—  Bonjour Ibuki-san.

Alors que nous prenions le thé sans trop bavarder, Shiina était venue nous voir. Elle avait son sac et une boisson dans les mains.

         Ibuki —  Quoi ?

Je lui avais répondu froidement mais Shiina sourit et dit.

Hiyori —  J’ai entamé une conversation avec toi comme ça vu que c’était rare de vous voir ensemble tous les trois autour d’un verre.

Ibuki —  On traine pas tant que ça ensemble, si tu veux tout savoir.

Hiyori —  Oh que si, même si d’habitude c’est dans un autre cadre.

Je n’aimais pas l’idée qu’on me pense proche d’Ishizaki.

Hiyori —  Puis-je me joindre à vous ?

Durant les examens écrits, elle pouvait être considérée comme le trésor de la classe C. Ryuuen lui avait demandé de l’aide à plusieurs reprises à elle, ainsi que Kaneda. Mais, dans un même temps, elle n’était intime avec personne.

Ibuki —  Il n’y a aucun problème pour qu’elle vienne, n’est-ce pas ?

Parce qu’elle était une élève qui avait l’approbation de Ryuuen, Ishizaki et Albert l’avaient facilement acceptée.

Hiyori—  Alors, excusez-moi pour l’incruste.

Ibuki —  Où es-tu allée en portant l’uniforme de l’école ?

Hiyori —  Je fais partie du club de cérémonie du thé. Pendant les vacances d’hiver, nous devons aussi continuer les activités du club.

Ibuki — Le club de cérémonie du thé… On fait quoi là-dedans ?

Hiyori —  Nous faisons beaucoup de choses. Apprendre l’étiquette, comment manipuler les objets ou bien recevoir des conseils.

Hishizaki — Ha, donc il y a encore des gens qui veulent faire ce genre de choses.

Ishizaki interrompit la conversation avec Shiina et montra qu’il trouvait ça has been. Je ne pensais pas mais elle m’avait dit qu’il y avait très peu de membres dans son club.

Hiyori— Si tu veux, tu peux essayer de rejoindre le club.

Ibuki — Je ne m’inscris pas. Je déteste les activités en plus.

Ishizaki commença à mâcher la moitié restante des glaçons dans la tasse.

Hiyori — Je change un peu de sujet… En fait, j’ai vu Ryuuen-kun ce matin.

Elle commença donc à parler de lui.

Hiyori — Comme il portait l’uniforme de l’école, j’étais un peu inquiète.

Ibuki — Ne t’inquiète pas, il n’y a rien.

Hiyori — Ok. Tu me rassures du coup.

C’était logique qu’elle parle de lui vu que nous étions en général tous réuni quand il y avait Ryuuen avec nous. J’avais prévu de partir en silence, mais Albert m’attrapa par l’épaule.

Ibuki —Qu’est-ce que tu fais ? Ça n’a pas d’importance si je repars. Il n’y a rien à dire non plus.

Face à moi, qui disais ces mots, Albert pointa silencieusement les boissons.

Ibuki —…Tu veux que je ne parte pas avant d’avoir fini le verre ?

Il semblerait que, puisque j’avais dit que je  partirais après avoir fini de boire, je n’avais pas d’autre choix que de le faire. Pour l’instant, j’étais un peu de mauvaise humeur, alors autant terminer mon verre.

Ibuki — Ah c’est chaud !

Hiyori — Oh oh, ne te force pas. Je me souviens que tu ne supportes pas la nourriture chaude, n’est-ce pas ?

Ibuki — Et en quoi ça te concerne ?

Hiyori — Mais nous sommes des camarades de classe voyons.

« Et alors ? » avais-je envie de lui dire. Parler de camaraderie dans cette période était malvenu pour le coup.

Ibuki — À partir du troisième trimestre, on passe en classe D. La bataille est déjà terminée.

Shiina — Pas nécessairement, la classe C se relèvera certainement.

Shiina dit cela avec un visage sérieux qui mettait mal à l’aise.

Ibuki — Sur quoi tu te bases pour dire ça ? Tu comptes diriger la classe ?

Hiyori — Bien entendu que je vais aider la classe à se relever. Il faudra que chacun y mette du sien.

Même si je savais qu’il lui manquait une case à cette grognasse, je ne m’attendais pas qu’elle soit atteinte à ce point-là. Ce qui manquait le plus à la classe C, c’était l’unité, c’est-à-dire l’entraide. C’était quelque chose qui n’existait pas chez nous vu que Ryuuen dirigeait seul d’une main de fer jusqu’à présent. Même pour elle ça devait être évident.

Hiyori — Nous sommes peut-être en retard de beaucoup par rapport aux autres. Mais c’est pour ça qu’il faut se serrer les coudes pour espérer monter en classe supérieur.

Ibuki — Je vois. Alors fais de TON mieux. Je ne participe pas.

Je voulais vraiment partir plus tôt, mais je n’avais pas encore fini la boisson. Si j’avais su, je n’aurais pas commandé une boisson chaude. Ishizaki avait eu le bon flair avec son thé glacé.

Hiyori— Pourquoi es-tu si irritée ? Bon je sais que tu es habituellement comme ça mais…

Ibuki — Tu veux te battre c’est ça ?

Hiyori — Je n’en ai pas l’intention.

Hiyori — Au fait, Iwasaki-kun, tu as l’air d’avoir subi beaucoup de blessures.

Ishizaki — Tu ne t’en rends compte que maintenant. Et je ne m’appelle pas Iwasaki, mais Ishizaki.

Hiyori — Haha, je plaisante. Je me souviens clairement de tous les noms de mes camarades de classe.

On dirait que c’était la raison pour laquelle Shiina, qui n’avait pas l’habitude d’interagir avec nous, nous avait approchés. Pas parce que Ryuuen n’était pas là mais parce qu’elle était préoccupée par les blessures d’Ishizaki et d’Albert.

Hiyori — Comment avez-vous eu ces blessures ?

Ishizaki — Eh bien, il s’est passé des choses.

Hiyori — Des choses ?

Ishizaki — En fait, hier…

Je pensais qu’Ishizaki allait dire des choses inutiles, alors je m’étais jointe à la conversation sans le vouloir.

Ibuki — Parce qu’il avait des divergences avec Ryuuen sur la gestion de certaines choses. Ryuuen l’a frappé en retour c’est tout.

Je regardai Ishizaki qui acquiesça.

Hiyori — C’est rare de te voir répondre à Ryuuen.

Comme Ishizaki était généralement coincé avec Ryuuen, il était difficile d’imaginer une dispute entre eux.

Hiyori — Ne me dis pas que tu t’es battu avec Ryuuen-kun toi aussi ?

C’était ridiculiser Ryuuen alors qu’il n’était pas là si on en disait trop. Albert compris cette position et fit face à Shiina en hochant la tête.

Hiyori — Je pense que parfois se battre est bien, mais s’il te plaît, réconcilie-toi le plus vite possible. Si tu en as besoin, je peux aussi t’aider.

Ishizaki — Que peux-tu faire ?

Hiyori— Je vais demander à Ryuuen-kun et lui dire d’arrêter.

Il semble qu’elle n’avait pas l’intention de faire quoi que ce soit de spécial et de le transmettre directement à Ryuuen. Vu son attitude c’était vraiment une chance qu’elle n’ait pas été battue par Ryuuen jusqu’à présent. Cependant, Shiina n’était pas douée pour le sport et n’aimait pas les comportements violents donc Ryuuen ne lui en avait jamais tenu rigueur jusque-là. Après tout, elle n’avait jamais rien fait qui allait à l’encontre de la politique de Ryuuen.

Ibuki — Fu, j’ai fini mon verre. Au revoir.

Hiyori — Tu rentres maintenant ?

Ibuki —  Je t’ai tenue compagnie jusqu’ici, ça devrait déjà suffire.

Hiyori— Ah, au fait, Ibuki-san. J’ai entendu dire que des films intéressants vont bientôt sortir. Si ça ne te dérange pas, tu veux qu’on aille les voir ensemble ?

Ibuki —  Non merci.

Même si je voulais y aller, je comptais le faire seule.

Hiyori — Je vois… c’est dommage.

J’avais pris la tasse vide et me levai de ma chaise. Si je continuais à rester avec eux, j’avais peur d’avoir de l’urticaire. D’ailleurs, je n’avais jamais été aussi en colère contre moi-même qu’en ce moment.

Mais j’avais enfin compris pourquoi j’avais été si irrité ces deux derniers jours. Ce n’était pas la faute de Ryuuen, ni d’Ishizaki, ni d’Albert. Et bien sûr, ce n’était pas lié à la Shiina qui était apparue par hasard.

C’était juste que je n’arrivais pas à me pardonner. C’était la raison de mon irritation. Si j’avais été un peu plus fiable, les choses n’auraient pas évolué de telle manière que la classe C soit dans une situation aussi désastreuse.

Ryuuen Kakeru n’aurait pas fait d’erreur en tant que chef.

J’étais arrivée à cette conclusion. Si j’avais continué à rester à cet endroit, j’aurais continué à me laisser emporter… C’est pourquoi j’ai voulu me dépêcher d’être seule.

Ishizaki —  Ibuki !

Ishizaki m’appela tandis que je voulais m’échapper.

Ibuki —  Qu’est-ce que tu veux encore ?

Ishizaki —  Ne te contentes pas de tout supporter seule, tu devrais aussi nous consulter.

Ibuki —  Ha… ?

J’eus un rire sec par inadvertance.

Ibuki —  Tu plaisantes ? Qui irait discuter avec toi ? Et puis y’a rien à dire !

D’habitude il était du genre stupide alors pourquoi avoir été si vif d’esprit dans un moment comme ça ?

Hiyori — Ibuki-san, parlons encore ensemble la prochaine fois.

Shiina dit cela également tandis que le silencieux Albert me fixa.

On aurait vraiment dit que ces trois personnes m’avaient invité pour me remonter le moral. Rétrospectivement, peu importe si c’était Ishizaki ou Albert qui m’avait invité à boire du thé, ou Shiina après avoir vu la composition du groupe, la première personne à qui ils avaient parlé était toujours moi.

Pourquoi ça ? Je n’avais jamais espéré ce genre de choses.

Ne pouvant supporter cette situation, je me suis mise à marcher.

Je n’espérais pas ce genre d’environnement chaleureux.

Je pensais qu’aujourd’hui était une journée extrêmement ennuyeuse, me disant que c’était une journée dont je ne voyais pas le bout.

Mais, en réalité, la « journée dont je ne voyais pas le bout » arrivera juste un peu plus tard.


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